HERO CORP - SAISONS 1 à 4

Des super-héros français, un peu bras cassés, mais pas que...

HERO CORP - SAISONS 1 à 4

(...) A la mise en place de la série en 2008 sur la chaîne Comédie+, HERO CORP avait de quoi intriguer. En effet jusque là l’unique présence notable de super-héros à la télévision venait de la série américaine de NBC : Heroes (2006-2010). Plus qu’une version française et comique de cette dernière, HERO CORP se montre d’une grande originalité. Une originalité plus qu’appréciable aujourd’hui tandis que les studios américains nous bombardent depuis plusieurs années (et pour de nombreuses années encore dans le futur) de blockbuster de super-héros redondants plus ou moins intéressants. La simplicité et l’humour apporté par HERO CORP offrent une bouffée d’air frais à ce genre à la mode. Car tout en reprenant certains codes d’intrigues propre à l’univers et déjà vus (un homme contre toute attente obtient des pouvoirs et doit sauver le monde) la série nous emmène dans des directions pour le moins surprenantes, entre autodérision et approche réaliste. Evidemment d’un point de vue visuel on est loin de la grosse production. Mais c’est justement ce côté cheap, avec un minimum d’effets spéciaux, des costumes extrêmement simplistes et des décors limités qui donne à HERO CORP un caractère authentique. Un effet presque paradoxal par rapport à l’intrigue irréaliste (principe du genre). De manière un peu similaire, l’excellente série Misfits, lancée par la chaîne britannique E4 en 2009, trouvait son intérêt dans une approche réaliste des super-héros, mais avec des personnages a priori peu vertueux (condamnés pour des raisons diverses à des travaux d’intérêt général).

(...) Après deux saisons produites entre 2008 et 2010, qui comportent chacune 15 épisodes de 26 minutes, HERO CORP s’est formée une belle réputation et une communauté de fans. Malheureusement l’audience de la chaîne n’étant pas suffisante (le téléchargement illégal a été directement mis en cause par les responsables de Comédie) l’avenir de la série restera en suspens, jusqu’à ce que France 4 offre une troisième saison en début d’année 2013. La série passe alors en format court avec 35 épisodes de 7 minutes, avant de changer à nouveau pour la saison 4, en 19 épisodes de 13 minutes. Des modifications qui auront permis de garder un rythme plus soutenu et d’aller à l’essentiel tout en ouvrant de nombreuses intrigues. Malgré ces changements de formats HERO CORP ne perd pas en qualité, bien au contraire, elle s’adapte. La série se montre particulièrement audacieuse, notamment dans le traitement de ses nombreux personnages, tous extrêmement humains, faillibles et réalistes. Nos super-héros n’ont plus rien de super depuis des années et apparaissent souvent comme une belle bande de bras cassés.

(...) On sympathise ainsi rapidement avec ces héros aux nombreuses faiblesses. Si, comme l’ensemble de la série, les acteurs ont pu se montrer imparfait dans les premiers épisodes, le temps de trouver leur propre personnalité, ils ont su s’élever à un très bon niveau par la suite. D’autant plus dans cette quatrième saison qui atteint au passage un haut niveau en terme de costumes, de mise en scène et de qualité d’image. Parmi les évolutions qu’apporte cette saison on retient Sébastien Lalanne (Doug) qui surprend en devenant un « monsieur muscle » crédible. Etienne Fague (Mique) se montre bien plus complexe et attachant. Et Emilie Arthapignet (Elena) apparaît comme la surprise et révélation de cette saison (introduite dans la saison 3). Elle offre un parfait paradoxe de séduction et douceur mêlés à des dialogues indécents, sans aucune vulgarité mais avec beaucoup de finesse et de classe.

Enfin si HERO CORP est parvenue à maintenir le cap et à nous surprendre au fil des saisons, le plus gros pari opéré est apparu au cours de la saison 3 et poursuivi sur la majorité de la saison 4. Il s’agit du traitement de deux personnages centraux. D’une part John, héros de la série, bascule au fur et à mesure vers le mal. Il devient un personnage de plus en plus désagréable et antipathique, presque mis en retrait pour permettre de se focaliser sur davantage de rôles secondaires (Steve, Mary, Stan…). D’autre part Klaus (Alban Lenoir), meilleur ami de John et omniprésent dans la série, sera quasi inexistant dans cette saison 4. S’il n’apparaît réellement que dans le dernier épisode, une sorte de spin off lui est consacré en parallèle d’HERO CORP avec la web-série La Voie de Klaus qui suit l’entraînement de Klaus. Des choix audacieux qui prouvent la confiance d’Astier en son projet et la grande liberté de création dont il dispose. (...)

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Tags : #HeroCorp, Simon Astier, Alban Lenoir

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