[INTERVIEW] Frédéric Michel-Langlet

La découverte Street-Art du mois

[INTERVIEW] Frédéric Michel-Langlet

Dans notre série de découverte des street artistes, nous sommes tombés sur le talentueux Frédéric Michel-Langlet, artiste touche-à-tout : peinture, graff, musique…Du coup, nous n’avons pu passer devant ses œuvres sans lui poser quelques questions !

 

Salut Frédéric, meilleurs vœux en retard ! Il n’y a pas si longtemps que ça 2014 se finissait et 2015 démarrait. Quels sont tes projets en cours ou en préparation pour cette nouvelle année ?

L’année 2015 s’annonce dynamique avec la fabrication sur mesure de tous mes châssis pour ma prochaine collection qui cette fois ci sera dans des formats plus petits que « Contra Stare » et tout de même plus grand que « Parhélie ». J’ai l’intention de m’attarder un peu plus sur des détails miniatures. J’aimerais expérimenter des outils destinés habituellement aux petits formats sur des châssis de dimensions intermédiaires comme les crayons de couleurs, les liners, l’encre de chine, le fusain, le bic, le graphite et bien d’autres. 2015, c’est aussi un tournant personnel, l’envie d’aller encore plus loin, si possible, dans une quête artistique qui me ressemble le plus possible. Niveau Musique, l’aventure continue aussi mais reste encore à un stade très studieux (Techniques de mixage, synthèse sonore, notions d’harmonie etc…).

Et Merci beaucoup pour les vœux, je te renvoie directement les mêmes ! ;)

 

On peut lire dans ta bio que tu es passé à peu près par tous les domaines (sculptures, poterie, dessins, modélismes et même le street art). Racontes nous un peu plus en détail ton parcours, comment es-tu arrivé à passer d’un domaine à l’autre ?

Il y a surement là-dedans une envie de toucher un peu à tout, de découvrir et de s’émerveiller. Les activités artistiques sont un moyen formidable de tamiser nos émotions de tous les jours. C’est surement pour ça que j’ai essayé différentes activités. Le graffiti reste tout de même celle qui m’a le plus percuté car c’est un ensemble : l’ambiance, le fait de sortir de chez soi, les lieux désaffectés etc…

Pour le parcours, globalement, j’ai commencé très jeune la poterie. Peu de temps après, j’ai suivi des cours de dessins pendant quelques années. Mais la première grande étape était celle du miniaturisme et des warhammer et tous l’univers qui les entourent. Tout était plus ou moins lié : Dessins, maquettes, sculpture, imagination, peinture etc … J’ai donc pratiqué cette activité pendant 8 ans. Et c’est grâce à elle que je suis rentré dans l’école où j’ai passé 7 ans ensuite : Saint Luc de Tournai. Pendant mes années de secondaire, j’ai commencé le graffiti jusqu’en 2eme année de supérieur, où j’ai migré petit à petit du graff au portrait dans les terrains vagues. Finalement, ils ont finis par atterrir sur des grands châssis dans mon atelier. Mes études de Design, m’ayant appris à bricoler, j’ai fabriqué mes premiers châssis grand format (jusqu’à 2x2mètre comme sur la vidéo de SKRILLEX) pour pouvoir avoir l’impression de peindre sur un mur. Et il y a plus d’un an et demi, j’ai enfin réussi à m’attaquer à la MAO, un rêve qui me suivait depuis des années puisque j’avais arrêté le piano que j’avais pratiqué pendant 6 ou 7 ans quand j’étais gosse. J’écris aussi depuis une dizaine d’années. C’est aussi une activité qui est un moteur pour la musique car je souhaiterais mettre mes textes en chanson quand j’aurais le niveau musical suffisant.


 

 

Aujourd’hui, qu’est-ce qui t’inspire le plus lorsque tu réalises une œuvre ?

Ce qui est très étonnant, c’est que plus le temps passe, plus je me pose la question. Tu m’aurais posé la question il y a quelques années, je t’aurais surement répondu que j’exprime ce qui me rend dingue, malade, ce qui me fascine, la part sombre qui est en chacun de nous. Mais avec les années, finalement, j’ai l’impression que l’on créer car c’est un besoin, C’est clairement une dépendance. C’est une activité passionnante au départ, qu’on lance pour gérer notre émotionnel, pour s’amuser ou se détendre, parce qu’elle nous fait vibrer et finalement, au bout d’un moment, on continue parce qu’on y trouve surement une raison de vivre, une envie d’aller plus loin, de donner un sens à notre vie, et surtout une manière de s’accrocher, de continuer. Donc si je devais te dire ce qui m’inspire le plus pour réaliser une œuvre, c’est une envie de s’oublier, se perdre devant une toile, se retrouver dans une sorte de no man’s land, l’envie de s’échapper, l’envie de respirer, mais en conclusion surtout l’envie de rendre logique et lucide la vie qui est justement tout l’inverse. Les toiles que je réalise sont surement un reflet de mes introspections certes, car il y a quelque de très égocentrique dans la peinture, et justement, j’aimerais essayer d’aller au-delà, en me tournant sur des œuvres moins basé sur l’émotion et mes ressentis. J’aimerais qu’elles soient plus inspiré par la construction et la réflexion peu importe le résultat, j’ai envie de rendre logique ce que je peins. Car y trouver de la logique, c’est comprendre un peu mieux la vie que l’on mène, y apporter quelque chose de rassurant.

 

En 2014 tu as participé à ton premier salon de l’Art Contemporain au Carrousel du Louvre. Peux-tu nous dire comment s’est passé pour toi cette expérience ?

J’ai été très déçu de ce salon, je m’attendais à une autre ambiance : tellement de monde, tellement de passage, tellement de bruit, tout va trop vite. Quelque part, je devais m’y attendre puisque c’est l’ambiance de PARIS et aussi d’un salon par logique. On discute sur le coin d’un stand, pour s’apercevoir qu’il ne faut pas trop s’attarder car une autre personne souhaiterait discuter, on ne va pas vraiment au bout des choses, car le temps nous en empêche où parce que les gens n’osent pas s’arrêter pour discuter. J’avais une envie profonde de pouvoir partager une modeste vision artistique et m’enrichir en discutant, mais cela s’arrêtait souvent aux visionnages de mes toiles de loin par curiosité, ou à des discussions pressées. Ce salon était principalement porté sur la balade de curiosité, et c’est le cas de ce salon rempli de curiosité diverse d’ailleurs. Il y avait de nombreux artistes intéressants de tous les styles. De nombreuses personnes faisaient un tour puis repartaient. Il y a tellement de stand que, finalement, on est surchargé par le nombre de productions ce qui nous empêchent de prendre le temps d’observer convenablement ou de s’intéresser tous simplement. C’est l’incohérence, pourtant évidente après coup, entre le fait que l’art demande de la concentration et de l’attention et le fait que la concentration de monde dans un même lieu empêche de se poser pour regarder tranquillement. C’est surement une expérience à revivre avec une approche différente. C’est surtout un sentiment d’une machine qui tourne trop vite, une contradiction à mon sens avec ce qu’est l’art.

 

J’aimerais discuter plus en détail de ton expérience dans le Street Art. Que représente pour toi cette discipline ?

Le street-art représente l’ouverture sur l’extérieur, sur les autres. Ce qui est très enrichissant. Et aussi la découverte de lieux sensationnels, j’ai eu l’occasion de visité une briqueterie, les forges de Clabecq, un château, plusieurs usines, des sanatoriums, etc… C’est une découverte à chaque fois de détails, d’ambiances qui sont un puits d’inspiration sans fin. Je vois le street-art comme une activité qui consiste à interpréter la beauté de l’urbanisme, et cherche à s’adapter à un contexte pour faire une œuvre en rapport avec le support. Le principe seul de graffer sur un mur je pense est un peu dépassé, il y a forcément possibilité de créer des œuvres qui se placent parfaitement dans leur contexte, plutôt qu’une œuvre dénué de sens, seulement là par beauté.

 

Parles-nous un peu des œuvres que tu as réalisé sous cette discipline, laquelle a été ta préférée et pourquoi ? (aurais-tu une photo d’ailleurs à nous montrer ?)

Les 2 œuvres que je préfère sont celles que j’ai réalisées en Alsace récemment (Un grand merci à Miguel D. pour le grand coup de main) à l’occasion de l’exposition CŒUR MULTI ART dans le Château D’ISSENHEIM, car c’était, comme dit ci-dessus, une occasion extraordinaire de rencontrer des gens fantastiques comme Benjamin Grunenwald ou Grégory Michel qui gèrent l’association. C’était des rencontres, des discussions sincères, un lieu exceptionnel, de magnifiques souvenirs et des heures intensives et passionnantes de peintures. Donc finalement, la peinture de la fresque n’était qu’une monnaie d’échange, un prétexte pour s’ouvrir aux autres, pour rencontrer et découvrir.
J’ai particulièrement aimé ces 2 fresques car la réalisation était hors du commun pour chacune. La première nous sommes partis de Paris vers l’alsace, nous sommes arrivés vers 19Heures sur place après 6Heures de routes, nous avons attaqué la peinture immédiatement jusqu’au lendemain matin où les derniers coups de pinceaux se faisaient à 9Heures, nous avons dormi 3 heures et nous sommes reparti faute de temps. Et pour la deuxième fresque, c’était aussi très rapide puisque nous l’avons fait en une nuit aussi entre le soir du Vernissage et le premier jour de l’exposition. J’aime profondément ces moments où l’on se surpasse pour la peinture, cela crée des souvenirs qui restent gravé en mémoire, et comme dit au-dessus, on se déconnecte de la réalité en se plongeant dans la réalisation.

 

 

Y a-t-il une discipline à laquelle tu n’as pas encore pu t’essayer et pourtant tu aimerais bien découvrir ?

Excellente question ! Je me prépare à apprendre le montage vidéo, car l’idée de pouvoir créer des musiques sur Ableton et ensuite créer une vidéo en rapport avec ma musique me fascine. Le cinéma me fascine aussi énormément, joué un rôle dans un film doit être extraordinaire, donc qui sait , peut-être du théâtre un jour ?...

 

Pour terminer, quel street artiste souhaiterais-tu que nous interviewions ?

Vous pouvez interviewer SHARLY qui a une approche du street art vraiment atypique et très créative. Ces productions ont une écriture vraiment originale !

En te remerciant pour cette interview ! c’était un plaisir d’échanger !

 

Tags : #Streetart

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