AqME "Dévisager Dieu"

Et un nouvel album !

AqME "Dévisager Dieu"

Pochette réalisée par : Stéphane Casier

Retrouvez l'interview d'AqME à la fin de cette chronique

 

Récemment, un nouvel uppercut dans la culture musicale m’a bien fait rire, les fans de Kanye West pensent qu’il va lancer la carrière de Paul McCartney…et les fans de « rock », pensent qu’il se traîne et profite de ses anciens succès. Il y a comme qui dirait, un léger problème de génération !

Et bien c’est un peu dans cette situation que j’imagine AqME aujourd’hui, d’un côté les nouvelles générations qui n’ont pas connu « Pornographie », « Si n’existe pas » ou encore « Uniformes », d’un autre côté  les « vrais », ceux qui pensent qu’AqME s’est séparé en 1995 (quoi ? le groupe s’est formé en 1999 ? pourtant j’étais persuadé que…) et d’un autre, les fans toujours fidèles, toujours présents et qui croient en l’avenir de ce groupe. Ça c’est la première barrière que rencontre AqME, le fameux passage à vide des groupes français, qui durerait 10 ans si l’on en croit l’expérience de Mass Hysteria, où le groupe doit se battre contre tous les clichés possibles et imaginables mais également contre les problèmes internes au groupe (et je ne parle pas de drogue mais bien du fait de devoir travailler et gérer sa vie de famille tout en défendant ses albums en tournée).

Comme un problème ne survient jamais seul, rajoutez le départ de leur chanteur Thomas Thirrion début 2012, remplacé par le jeune et talentueux Vincent Peignart-Mancini (Noswad et The Butcher’s Rodeo). Et enfin, la cerise sur le gâteau, ce départ a eu lieu pile à la sortie de leur précédent album « Epithète, Dominion, Epitaphe » qui sonnait l’apogée de la violence dont était capable l’ancien line-up comportant de bons featuring avec Junior Rodriguez (Darkness Dynamite) et Stéphane Buriez (Loudblast).

Pochette : "Epithète, Dominion, Epitaphe", réalisée par Thomas Thirrion

Cependant, #labandedes4 ne baisse pas les bras et décide de sortir un nouvel EP « Les Sentiers de l’Aube » afin de présenter la technicité et la performance vocale de Vincent étant donné qu’il n’avait pas travaillé sur l’album qu’il devait défendre. La tâche était très dure et le résultat ne fût que moyen étant donné le peu de temps qu’avait Vincent pour assimiler 13 ans de travail.

Bref, si vous avez bien suivi c’est ça l’état d’esprit AqME quand ils annoncent leur 7e album « Dévisager Dieu » : oubliez les clichés du métal et de la religion, ils en ont rencontré des difficultés, des étiquettes, des crises MAIS ils n’en ont rien à faire ! Ils savent qui ils sont, ce qu’ils valent et surtout ils n’ont rien à prouver. Ils veulent continuer leur route, leur passion avant tout quoiqu’en disent les gens et « dévisageront » quiconque se mettra en travers de leur chemin. Les questions que l’on se pose donc naturellement avant d’appuyer sur lecture c’est : est-ce que ce nouveau line-up aura réussi à se créer une nouvelle identité tout en restant fidèles à eux-mêmes sur ce nouvel album ?

L’album démarre avec « Avant le Jour », titre également sorti en clip :

AqME démarre là où ils s’étaient arrêtés : la violence. Un premier cri de rage lance la guerre. Ce n’est plus une bataille mais bien une guerre. Arrive une rythmique bien soudée et lourde puis un riff et des paroles « Happé par ce qui fait de nous des frères avant le jour […] Rattrapé par ce qui fait de nous des frères jusqu’à la mort » qui vous restent en tête tout le reste de la journée.

Puis arrive « Enfants de Dieu », démarre sur un riff qui rappelle grandement ceux de leur précédent album, très mélodique, très rapide et très violent ! Au chant, à la batterie et à la basse, pas mieux, ils envoient leurs tripes, pas le temps de se calmer avec du chant clean.

Après la tempête on calme un peu la bête avec l’intro plus en douceur d’ « Au-delà de l’Ombre » donnant rapidement le ton à un cri puissant venant de l’au-delà pour arriver sur un refrain mélangeant mélancolie et douceur avec encore une fois de la rage et limite de la haîne. Ce titre reflète bien l’idée d’un titre « 100% AqME », c’est-à-dire un titre mélangeant mélancolie et rage, mélodie et brutalité, un éclectisme de sentiments.

Arrive un larsen annonçant « Ce que nous sommes », présentant des couplets violents mais un refrain prenant de la hauteur. Le groupe mélange avec brio une rythmique brutale avec une voix clean, tout s’alterne jusqu’à fusionner pour annoncer un final explosif et lourd.

Vient ensuite la mélancolie d’« Un Appel », a contrario du titre précédent, chaque émotion a sa place, ce titre est très sinusoïdale, on alterne d’un passage très calme à une violence extrême, ou plutôt d’une voix souffrante. A chacun son interprétation !

« Entre louanges et regrets » remet l’auditeur sur les rails de la mélodie. On reprend espoir, on se relève comme après avoir reçu un coup dans les côtes, la rage au ventre, l’envie de se venger de ce mauvais coup et de tout donner. Car après tout, ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort. Le final nous fait comprendre que le doute n’est cependant pas loin avec une rythmique et une mélodie très « mystique ».

Pour « L’Homme et le sablier », Vincent va chercher au plus profond de soi avec un chant quasi a capela, les instruments se font calmes et atmosphériques, la rythmique est plus calme mais monte tranquillement en puissance au fil de l’eau pour déboucher sur un riff de guitare tranchant et une voix déchirante parsemée de larsens et d’une batterie lourde et précise. Comme son nom l’indique, le groupe joue avec le temps laissant une impression de « méfie-toi du loup qui dort ».

C’est donc logique que « Pour le meilleur, le pire » reprend là où s’arrêtait le titre précédent, la rythmique s’accélère et la mélodie prend un tournant beaucoup plus positifs. Cela reste mon humble avis, mais la rythmique et la mélodie me rappellent beaucoup « Uniformes » de leur album « Hérésie ».

Et pour finir « Les abysses », juste au titre, on s’attend à du très lourd. Eh bien, techniquement le titre annonçait bien la couleur mais évidemment, l’habit ne fait pas « totalement » le moine. En effet, c’est bien là que l’on comprend pour la n-ième fois qu’AqME a décidé de rester fidèle à eux-mêmes, bien que l’album reprend là où s’était arrêté l’autre, le groupe a pris un virage en reprenant les recettes qui ont fait d’eux ce qu’ils sont aujourd’hui : l’album se termine sur un titre mélangeant brutalité et mélancolie avec des passages violents puis va basculer sur une phase plus progressive pour devenir limite calme et revenir d’un coup sur un hymne à l’espoir et un cri exprimant la rage de vaincre.

En bref, le groupe nous a servi un beau projet qui leur est propre, qui leur ressemble. A travers cet album on sent les différentes étapes qu’a franchi le groupe. On sent la furieuse envie d’en découdre. Cet album rassemble tout ce qui a fait qu’AqME est ce qu’il est à l’heure actuelle mais arrive à présenter à la fois quelque chose de nouveau dans leur univers. Cet album positionne officiellement le groupe sur une pente positive, la revanche n’est pas loin. A écouter de toute urgence !

 

Nous avons pu poser quelques questions au groupe pour en savoir un peu plus sur leur nouvelle aventure :

Vincent, il y a un peu plus de 2 ans après la sortie d’ « Epithète, Dominion, Epitaphe », tu nous disais dans une précédente interview que, en dehors du fait d’apprendre 6 albums, la difficulté que tu rencontrais pour intégrer AqME était de t’approprier les textes de Thomas. A travers « Dévisager Dieu », on a face à nous un projet « 100% AqME ». Quel a été pour toi le moment ou plutôt le déclic qui t’a permis de te sentir « 100% AqME » ?

Effectivement ! C’était un sacré challenge que de reprendre les textes d’un autre mais très formateur au final ! le déclic c’est fait sur la composition d’  « Avant le Jour » , titre sur lequel je suis arrivé à poser un chant clair sans me poser de question , la suite a été vraiment plus naturel après .

Qu’est-ce qui, selon vous, a fait que le groupe a gardé sa rage de vaincre et de surpasser les obstacles qu’il a dû endurer ?

En Seul mot PASSION, en un seul verbe CROIRE ! En étant toujours très optimiste,  arrivera ce qu’il doit arriver l’important est de faire les choses à fond, sinon autant ne rien faire !

Côté production, vous avez décidé de continuer avec le duo Etienne/Magnus. On ne change pas une équipe qui gagne et ça se ressent dans ce nouvel album ! Par contre côté composition, beaucoup de choses ont changé malgré l’EP les Sentiers de l’Aube (puisque c’était un EP 3 titres et non un album). Comment s’est passé cette phase de réalisation ?

La forme n’a pas changé mais je dirais plutôt évolué ; l’arrivée d’un nouveau membre peut être dur pour un groupe comme il peut aussi avoir ses avantages.

Nous avons pu  explorer d’autres univers sans perdre l’essence même du groupe et c’est ce qu’il s’est passé sur cet album.

Pour finir, quel serait pour vous le prochain groupe que nous devrions interviewer ?

Le prochain a ITW ? Cela n’engage que moi car c’est moi qui t’écrit ! C’est un groupe que j’ai découvert sur la route, Noise Emission Control.

 

 

"Dévisager Dieu" - Tracklist

  1. Avant le Jour
  2. Enfants de Dieu
  3. Au Delà de l'Ombre
  4. Ce que nous sommes
  5. Un appel
  6. Entre louanges et regrets
  7. L'homme et le sablier
  8. Pour le meilleur, le pire
  9. Les abysses

 

 

Tags : #AqME #metal #france

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