UN'INK

Par Seb Bessac

UN'INK

Le tatouage se démocratise très largement, le regard des gens et notamment des proches vis-à-vis des tatoués a évolué. Cet art n'est plus réservé uniquement aux prisonniers, aux "bad boys", aux tribus souhaitant commémorer la mémoire de leurs ancêtres, désormais, n'importe qui peut se faire tatouer sans pour autant être stigmatisé. Cependant, cette évolution du regard de l'Homme sur le tatouage reste tout de même au centre de certains débats actuels, notamment celui du travail. Pouvons-nous être tatoué et avoir un travail ? Oui mais alors un travail qui ne nécessite pas un grand diplôme "car dans les banques c'est mal vu" ? STOP. Arrêtons les clichés. Etre tatoué ne signifie pas ne pas pouvoir travailler et inversement. C'est ce que Sébastien Bessac, photographe, a souhaité représenter dans une série qu'il a renommé UN'INK. Il est parti à la rencontre de personnes tatouées (et on ne parle pas là d'un simple dauphin derrière l'épaule) afin de montrer, qu'au delà des clichés, le tatouage n'est pas un frein à la réussite.

 

Salut Seb ! Comment vas-tu ?

Salut Vincent,

C’est la fin d’année, beaucoup de pages se tournent pour moi, c’est donc l’heure de la réflexion et des conclusions pour partir sur de nouveaux projets en 2015 et commencer une nouvelle vie.

 

Comment t’es venue cette idée de série UN’INK ?

Constat de mon entourage sur la perception qu’ils avaient du tatouage dans notre société actuelle. Il est pourtant loin le temps du bagne et du tattoo pour les mauvais garçons ! UN’INK était pour moi la façon d’ouvrir l’art du tatouage et surtout sa perception à un public plus large et moins averti que ceux que l’on croise dans ce milieu encore assez exclusif.

 

Comment as-tu choisi tes modèles ?

Ce n’est pas moi qui choisi mes modèles MAIS bien EUX qui me choisissent !!! Blague à part, la sélection s’est faite par rapport à leur métier, c’est mon fil rouge sur cette série : mettre en parallèle l’importance des tatouages et la façon dont ils sont perçus dans leur travail. C’était pour moi la manière de montrer qu’aujourd’hui le tattoo ne rime plus avec délinquance, mauvais garçons, les petites classes sociales et tous les autres clichés qui subsistent.

 

Tu expliques au début de la série que tu as réalisé les portraits sur le lieu de travail du modèle. Quel a été pour toi le lieu le plus insolite où tu as dû te rendre pour réaliser ces clichés ?

Je pense que c’était sans aucun doute le muséum d’histoire naturelle de Paris où j’y ai photographié Christophe qui est taxidermiste. Cet endroit renferme de véritables curiosités, des trésors. Je me souviens de la première rencontre avec Christophe, il était en train de travailler sur une panthère sur laquelle il façonnait le visage avec de multitudes d’aiguilles ou de la deuxième fois où il préparait un Ours Blanc… Que dire quand tu es face à ça, tu te sens tout simplement privilégié.

C’était vraiment une vraie belle rencontre comme j’aime : de la sincérité, du partage, de l’admiration de mon côté pour son travail, c’est dans ces moments là que je sais pourquoi je fais ce métier. 

 

Et du coup, quel aurait été le métier et lieu que tu aurais aimé photographier dans cette série ?

Il n’y a pas un métier en particulier que j’aimerais photographier, mais plus réussir à en couvrir un maximum pour montrer l’évolution du tatouage et l’éclectisme dont il fait preuve aujourd’hui. Montrer qu’il touche aujourd’hui toutes les classes sociales et qu’il est devenu un vrai art à part entière.

 

Parlons un peu plus des modèles. Le tatouage a une place importante dans leur vie, comment gèrent-ils ça au quotidien ?

Ils ne s’en cachent pas, ils en sont bien évidemment très fiers et le porte comme tels. C’est un vrai prolongement de leur personnalité comme pour beaucoup de personnes et c’était très important pour moi de le montrer de cette manière. Ils ont tous un métier qu’ils ont choisi et qui accepte leur « lifestyle » sans remettre en doute leur compétence et je pense que c’est comme ça que cela devrait se passer aujourd’hui pour tout le monde. Les actes et les compétences, le travail accompli n’est-ce pas ça le plus important ?

 

Comment ont-ils réagi lorsque tu leur as présenté le projet ?

Ils ont tous très bien réagi, je peux me réjouir de n’avoir eu aucune réponse négative et un grand enthousiasme de leur part. C’est même grâce à eux que la série s’est construite car toutes les rencontres ne se sont fait que par du bouche à oreille.

 

As-tu déjà rencontré des soucis dans ton métier parce que tu étais tatoué ? Ou même tout simplement dans ta vie quotidienne ?

Dans ma vie quotidienne aucunement car je pense être entouré de gens intelligents, ouverts d’esprit et compréhensifs. Sans pour autant être artiste, ils comprennent tous la signification d’un tatouage et l’envie que peut rencontrer chaque personne de vouloir marquer à vie leur corps d’un souvenir, d’un leitmotive, d’une rencontre. C’est notre album photo, notre boîte à souvenir, notre motivation… C’est ma façon de voir et d’aborder le tatouage.

 

J’ai également vu que tu recherchais de nouveaux modèles pour faire une suite à ce projet et notamment dans des métiers où le tatouage est encore loin d’être démocratisé (et ne le sera sans doute jamais). Où en es-tu sur cette suite ?

Il ne faut pas être si défaitiste Vincent ! Beaucoup de projets m’ont éloigné de UN’INK cette dernière année mais j’espère bien y remédier en 2015 et écrire l’acte 2 de cette série qui me tien tout particulièrement à cœur.



Un dernier mot ?

Bien-sûr, je tiens à remercier tous les modèles qui ont participé à l’acte 1 de UN’INK et qui l’ont rendu possible. Merci pour leur gentillesse, leur temps, leur ouverture d’esprit et leur encouragement. Merci à David de l’agence Antidote qui a rendu possible ce magnifique vernissage en Janvier 2013 (c’est déjà loin !!!) et merci à tous pour vos encouragements et votre aide pour continuer cette série.

Dernier merci à toi Vincent pour cette interview et à tes lecteurs, longue vie à toi et à What's Up?! Street !

 

Voilà donc pour l'état d'esprit UN'INK : de la sincérité, du partage et de l'ouverture d'esprit !

Maintenant, place à la série :


 

Tags : #sebbessac #photos #tatouages #unink

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